3 mai, 2009

Présentation du Blog

Classé dans : bienvenue — jacquesbaron @ 13:54

Bienvenue sur ce blog dont l’objet est de vous faire connaître l’ouvrage « Soldats de l’Empire, des conscrits bretons à travers l’Europe » qui doit être publié prochainement.

Je souhaite également vous faire partager mon intérêt pour le Premier Empire à travers différents articles qui viendront enrichir le blog progressivement.

8 mai, 2009

De l’idée à la rédaction.

Classé dans : de l'idée à la rédaction — jacquesbaron @ 13:45

     Un intérêt ancien pour l’Histoire, en particulier celle de la Révolution et de l’Empire, la découverte de l’histoire familiale avec la prise de conscience que ceux qui m’avaient précédé en avaient été les témoins et les acteurs,  m’ont conduit à m’intéresser à ces hommes jamais nommés et qui sont pourtant la substance même de l’Histoire. 

     De cette perception est née l’idée de faire sortir de l’ombre quelques uns de ces hommes qui ont vécu,  de 1803 à 1815,  un moment violent de notre histoire. La découverte aux Archives départementales du Morbihan de lettres de ces soldats fut le facteur déclenchant, le support d’un travail de recherche qui devait conduire à la rédaction de l’ouvrage présenté plus loin. J’ avais entre les mains ces fragiles feuilles de papier, preuves sensibles et infiniment précieuses de leurs existences. 

     Ce fut là le départ d’une aventure, d’une quête de l’identité des auteurs de ces courriers. Qui étaient-ils ? qu’avaient-ils vécu ? qu’ étaient-ils devenus ? 

     La précision des informations contenues dans ces lettres allait me permettre de le découvrir, puisqu’à chaque fois l’unité à laquelle ils appartenaient était indiquée. 

     Le Service Historique de la Défense, à Vincennes, conserve un ensemble de documents extraordinaires : les registres matricule de l’armée française, contenant par unité la liste de tous les incorporés, avec leur état civil, leur signalement physique, la date d’arrivée au corps et leur parcours sous les drapeaux. J’avais là des informations essentielles me permettant de mener à bien le travail engagé.  Le parti pris retenu, s’attacher à des individualités imposait de consacrer à chacun un chapitre, chacun d’eux se présentant dans l’ordre naturel des choses, chronologiquement. 

6 mai, 2009

Quatrième de couverture

Classé dans : quatrième de couverture — jacquesbaron @ 20:50

   Jean Ropers, Yves Tréhondat, Jean-Marie Berranger… tous avaient à peine vingt ans, ou à peu près lorsqu’un numéro tiré au sort allait décider de leur avenir. Ils allaient rejoindre comme des dizaines de milliers d’autres jeunes gens des quatre coins de la France les rangs de l’armée impériale. En effet, à part une minorité d’engagés elle fut formée de conscrits, c’est-à-dire d’hommes appelés au service militaire.

   Ce sont 47 d’entre eux, originaires de Bretagne que nous suivons de leur départ de chez eux jusqu’à leur retour ou leur disparition. Ces hommes écrivaient à leurs parents, à leurs amis; le département du Morbihan conserve quelques dizaines de ces lettres. Ce sont parmi les auteurs de ces lettres que nous les avons choisis. Bien que le contenu de ces courriers soit des plus simple, l’on n’en perçoit pas moins à travers les lignes, de façon concrète, leur existence, ces étincelles de vie qui nous les rendent plus proches. Comme à leurs familles au moment où elles ont été écrites, elles les rapellent aujourd’ hui à notre mémoire.

  Ils ont combattu partout de 1805 à 1815 et au fil des pages nous les accompagnons; leurs parcours et leurs combats illustrés par les témoignages des mémorialistes dont certains furent leurs supérieurs directs ou leurs  camarades, choisis pour avoir été dans les mêmes lieux, aux mêmes moments.

  En même temps que nous découvrons le parcours de ces hommes, resitué dans le contexte historique de l’époque, cet ouvrage montre également l’activité extraordinaire de l’administration impériale dans l’organisation de cette conscription qui les précipita dans la tourmente de l’Histoire. 

Couverture de l’ouvrage à paraître

Classé dans : couverture de l'ouvrage — jacquesbaron @ 15:42

pgconscrits.jpg

  Couverture A2D Pascal Dziura     Dessin du fusilier Philippe Eudeline

4 mai, 2009

Extrait de l’ouvrage: Jean-Marie Thomas, conscrit de 1808

Classé dans : extrait de l'ouvrage — jacquesbaron @ 12:06

      Jean-Marie Thomas est né le 21 mai 1788 à Le Palais en Belle-Ile-en-mer, fils de François Thomas et Barbe Rio. Il était laboureur.

   Lors de l’appel de sa classe en mai 1807, il avait été demandé à Belle-Ile 5 conscrits, il tira le numéro 13. Le sénatus-consulte du 10 septembre 1808 provoqua l’appel de 5 nouveaux concrits de 1808, ce qui amena cette fois son départ. Il fut affecté au deuxième bataillon de sapeurs à Metz; 14 morbihannais étaient affectés à ce corps.

   Le contrôle départ-arrivée décrit Jean-Marie Thomas de cette façon: taille, 1 mètre 685, cheveux et sourcils châtains, front bas, yeux roux, nez petit, bouche grande, menton long, visage ovale, teint coloré.

   Avec lui avait également été affecté au deuxième sapeurs un de ses camarades de Belle-Ile, Charles-Marie Guellec. Ils partirent de Vannes pour Metz le mardi 26 octobre 1808, accompagnés par un caporal. lls arrivérent le 24 novembre; il y avait eu 2 déserteurs en cours de route.

    Il ne tarda pas à écrire à sa mère qui lui répondit aussitôt. Il répondit par ce courrier: 

                                                                             Metz, le 12 janvier 1809

                                                          Ma chère mère,

                                                                              J’ai reçu votre lettre datée de 9 décembre qui m’annonce que vous êtes en bonne santé. Je suis infiniment sensible que mes frères et soeurs, oncles et tantes et cousins et tous mes amis s’informent de ma santé, quant à moi je me porte très bien et je désire que la présente vous trouve en bonne santé.  Je vous souhaite une bonne santé ainsi qu’à toute la famille et à tous mes parents. Je vous prie de m’envoyer des nouvelles de Jean François Thomas, je désire en avoir de bonnes nouvelles. Nous faisons une fois l’exercice dans le jour, nous sommes une fois par mois de garde et nous avons une bonne capote et n’avons qu’un sabre. On nous retire un sou pour apprendre à tirer des armes, que nous ne prenions pas de leçons on nous retient toujours le sou. Charles Guellec, nous sommes toujours dans la même compagnie, nous comptons partir pour la fin de l’hiver, nous irons rejoindre, je crois, la compagnie. Je crois qu’il va venir 400 hommes ici et ce va bien sûr nous faire partir, s’il y en a quelques uns de chez nous ils pourront bien venir ici. Je ne peux pas vous dire le nom du capitaine car il n’est pas ici.

Je vous fait bien des compliments et suis en attendant la vôtre votre respectueux fils,

                                                                                     M.Thomas

                                                             Jean-Marie Thomas

                                                             2ème bataillon, 6ème compagnie de sapeurs 

                                                             au dépôt à Metz, quartier Basset.

Adressé « A Madame veuve Thomas à Port-Salio

              commune du Palais

              à Port-Salio ».

   Les sapeurs étaient chargés d’ouvrir ou de rétablir les voies de communications, de creuser des tranchées, d’élever des fortifications ou de détruire celles de l’ennemi. C’est-à-dire que plus que le fusil, ils maniaient la hache, la pelle et la pioche, travail non sans risque lorsqu’il fallait agir à portée de l’ennemi, ce qui étaient fréquemment, le cas.

   Un bataillon de sapeurs comptait 9 compagnies, forte chacune, en principe, de 4 officiers et 154 hommes. En 1809, les compagnies du deuxième bataillon étaient réparties entre l’Allemagne et l’Espagne où les sapeurs avaient fort à faire lors des nombreux sièges des places fortes espagnoles.

   C’est pour l’Allemagne que partit Jean-Marie Thomas et comme il le dit, à la fin de l’hiver, probablement vers le mois de mars pour participer à la campagne contre l’Autriche qui commença au mois d’avril.

   Il passa sans dommage à travers les périls de cette campagne qui comme on le sait se termina par la défaite des Autrichiens et la signature de la paix au mois d’octobre.

   C’est alors que les hostilités étaient terminées que Jean-Marie Thomas tomba malade et fut contraint d’entrer à l’hôpital de Vienne. Il y décéda le 4 novembre 1809.

   Quant à Charles Guellec, qu’il cite dans sa lettre, il mourut en Espagne au mois de Décembre 1810.

   L’administration de l’hôpital de Vienne fit parvenir un bulletin de décès à la préfecture du Morbihan et par l’intermédiaire du conseil d’administration du deuxième sapeurs l’acte de décès à la mairie du Palais. Les délais administratifs firent que la mairie ne reçut l’information qu’un an plus tard.

     « Du 26 novembre mille huit cent dix, à 10 heures du matin, nous Jean François Marie Lamy, adjoint à la Mairie, Officier d’Etat-civil de la commune du Palais en Belle-Ile-en-mer, par délégation du Maire en vertu de l’article 80 du code Napoléon, avons transcrit l’acte de décès ci-après qui nous est parvenu ce jour et dont la teneur suit.

                                          Commune de Vienne

                                          Hôpital de Rennweg n°2

Du registre du dit hôpital a été extrait ce qui suit:

  Le nommé Jean-Marie Thomas sapeur au deuxième bataillon, sixième compagnie, natif de Palais, canton de Belle-Ile-en-mer, département du Morbihan, est entré au dit hôpital le deux du mois de novembre 1809 et y est décédé le quatre du même mois par suite de fièvre.

   Je, soussigné, Directeur du dit hôpital certifie le présent extrait véritable et conforme au registre des décès du dit hôpital.

            Fait à Vienne le quatre du mois de novembre 1809, signé Dantau.

    Nous, Commissaire des guerres chargé de la Police de l’hôpital de Rennweg n°2 certifions que la signature ci-dessus est celle de Monsieur Dantau, Directeur et que foi doit y être ajoutée.

            Fait à Vienne le quatre novembre 1809

    Pour copie conforme,

    Les membres du Conseil d’administration, du deuxième bataillon de sapeurs,

   Signé Luson, Clément, Guillaumnier, Chef de Bataillon Berlandui.

   Vu par nous, Inspecteur aux revues

   Signé Doniahr.

   Pour transcription conforme, l’ officier d’Etat civil par délégation du Maire,

   Lamy »

   L’on peut donc considérer que la famille en fut informée.

   A la fin 1812 après la désastreuse campagne de Russie et en prévision des prochaines offensives de l’ennemi, l’Empereur voulant créer un élan national eut l’idée de faire appel à des volontaires pour entrer dans la cavalerie dont les chevaux et l’équipement seraient offerts par les villes et les cantons de l’Empire. Paris offrit 500 cavaliers montés et équipés, Nantes 50, Rennes 25, Vannes 5, l’ensemble du Morbihan étant sollicité d’offrir quelques 114 cavaliers et leurs montures.

   Le frère de Jean-Marie Thomas, Noël, fut l’un des volontaires du canton de Belle-Ile. Affecté en mai 1813 au vingt deuxième régiment de chasseurs à cheval dans l’un des escradons qui combattait en Espagne, il fut blessé et mourut à l’hôpital de Pau le 14 janvier 1814.

  Le troisième fils, Yves-Marie, conscrit de 1815, fut appelé lors de la levée sur cette classe en janvier 1814. Ayant eu déjà deux frères appelés au service, il fit la demande ainsi que le permettait la loi, d’être placé à la fin du dépôt, c’est-à-dire de n’être mobilisé, si cela devait se produire, que parmi les derniers de sa classe.

   A cette fin il demanda au maire du Palais de lui établir le certificat attestant sa situation. L’obtention de ce document nécessitait des justificatifs: une attestation soit de présence ou de décès sous les drapeaux, soit de congé de réforme, pour le ou les frères concernés et une attestation de trois pères de famille de la commune ayant leurs fils en activité de service certifiant que le réclamant était véritablement frère du ou des militaires au nom desquels il faisait sa demande.

   Le maire délivrait alors le certificat, sous sa responsabilité, après avoir fait toutes vérifications jugées nécessaires.

   Yves-Marie Thomas obtint l’attestation des trois pères de famille, le certificat de présence de Noël au vingt-deuxième chasseurs, mais pour Jean-Marie ne fournit pour justificatif que la lettre  de celui-ci en date du 12 janvier 1809.

   En conséquence de quoi le maire délivra le certificat le 27 février 1814, sans préciser que Jean-Marie était décédé en activité de service quatre ans plus tôt. Cela ne manque pas de surprendre puisque l’acte de décès avait été reçu par la mairie du Palais et transcrit par l’officier de l’état civil Jean François Lamy, celui-là même devenu maire de la commune en 1814!

   Yves-Marie Thomas échappa ainsi au risque de finir ses jours sur un champ de bataille ou comme ses frères Jean-Marie et Noël dans quelque hôpital militaire. Sa famille avait été suffisamment éprouvée en perdant deux fils, ce qui ne fut d’ailleurs nullement exceptionnel.

  

  

3 mai, 2009

Quelques régiments des conscrits bretons

Classé dans : régiments — jacquesbaron @ 17:55

      Pendant l’Empire, chaque régiment  fut constitué d’hommes venus de différents départements et c’est ainsi que les Morbihannais pouvaient cotoyer des jeunes gens originaines du Calvados, de l’Aveyron ou du Var…Seuls les régiments créés en 1813, à partir des cohortes de la Garde nationale, furent de recrutement régional. En Bretagne, ce fut le 140ème régiment d’infanterie de ligne formé d’hommes venant du Morbihan, du Finistère, d’Ille-et-Vilaine et des Côtes-du-Nord, aujourd’hui Côtes d’Armor.

     Voici où furent affectés les 781 conscrits du  Morbihan de la classe 1807, c’est-à-dire ayant vingt ans cette année-là :

pour l’active:

                        30ème régiment d’infanterie de ligne………..217

                      94ème régiment d’infanterie de ligne…………..38

                       103ème régiment d’infanterie de ligne……….180

                      2ème régiment de carabiniers…………………..3

                      2ème régiment de cuirassiers………………….23

                      fusiliers de la Garde……………………………11

                       1er régiment d’artillerie à pieds……………….25

                      17ème régiment de dragons……………………60

                      11ème bataillon du train d’artillerie……………25

                      5ème bataillon de sapeurs………………………4

pour la réserve:

                       2ème régiment de carabiniers………………….1

                       2ème régiment de cuirassiers…………………10

                       fusiliers de la Garde……………………………2

                      17ème régiment de dragons……………………15

                      3ème régiment de chasseurs à cheval………….70

                      17ème régiment d’infanterie de ligne……………91

 Au sujet de la réserve: cela ne permettait que de partir quelques semaines plus tard.